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Un pilote de Swiss déroute son Airbus pour sauver une vie

Mercredi 04 novembre 2015, un commandant de bord vaudois de Swiss, Jean-Daniel Gerhard a sauvé la vie d’un septuagénaire japonais en déroutant son Airbus, avec à son bord plus de 207 personnes et 13 membres d’équipage afin de le poser en urgence à Ekaterinbourg, en Russie.

Lors du vol reliant Tokyo à Zurich, e septuagénaire japonais souffert d’une grave occlusion intestinale qui aurait bien pu lui coûter la vie. En effet, il a été pris de violentes douleurs alors que l’avion survolait la région de Yakutsk, en Sibérie. Autan dire au milieu de nulle part.

« Entre la Sibérie et la Chine, il n’y a pas pire endroit pour ce genre d’urgence. Nous survolions des zones totalement reculées. Il y avait un réel danger et nous ne savions pas où atterir. Soit les aéroports sont trop petits pour en redécoller, soit trop vétuste. Ou alors la prise en charge médicale est inexistante » explique le commandant de bord.

Une procédure de catastrophe est alors engagée par le commandant Gerhard, lui laissant carte carte blanche. Le fameux « mayday, mayday ! ».

« En situation de catastrophe, ce n’est plus le contrôle aérien au sol qui décide du trajet, mais le pilote » raconte le commandant. En trente ans de carrière et avec 16 000 heures de vol à son actif, c’était la première fois qu’il avait à gérer une situation de catastrophe.

Pendant plus de quatre heures, le commandant qui est en liaison direct avec la centrale de Swiss, à Zurich, et les spécialistes de la Rega cherche un endroit pour se poser.

« Il y avait un vrai risque que le passager décède. Par chance, deux médecins sont à bord. Un Japonais et un médecin des HUG, à Genève. Ils prodiguent les premiers soins et posent un diagnostic inquiétant : il doit être opéré dans les plus brefs délais. C’était une question d’heures, pas plus. Il était impensable d’attendre Zurich » explique le commandant Gerhard.

L’appareil a poursuivi sa route initiale pendant que le commandant et les deux copilotes évaluent plusieurs stratégies. A l’arrière, les deux médecins ne quittent pas le malade. Le patient japonais subit deux drainages (urinaire et stomacal) puis est mis sous morphine grâce au kit médical équipant chaque avion de Swiss.

Malgré la pressurisation de l’appareil, le patient souffre de la pression à l’intérieur du fuselage. L’avion doit descendre de plus de 5000 mètres pour soulager quelque peu le malade. « On voyait le sol, tout était gelé. A terre, il faisait -15 degrés. »

Plusieurs destinations sont évoquées : Moscou, Helsinki. Toutes sont trop loin. Jean-Daniel Gerhard ne veut pas prendre le risque, il met le cap sur Ekaterinbourg, à plus de 3000 kilomètres de sa route initiale.

Arrivé sur place, une ambulance attendait sur le tarmac. « Tout a été très vite. Le passager est descendu avec sa femme, les deux médecins ont fait un rapport aux médecins russes et l’ambulance est partie sirène hurlante. Apparemment, il a été opéré dans l’heure. » raconte le pilote.

Après avoir rechargé 17 tonnes de kérosène, subit quelques contrôles techniques, il redécolle après un peu plus d’une heure au sol. Il arrivera à Zurich cinq heures plus tard. Le trajet aura duré plus de seize heure finalement.

Le porte-parole de Swiss, Meike Fuhlrott reconnaît qu’un tel incident est relativement rare : « Dans ce genre de circonstances, c’est le commandant qui prend la décision. Lorsqu’il s’agit d’un cas médical grave et justifié comme celui-ci, c’est notre compagnie qui prend tous les frais supplémentaires d’une telle escale à sa charge. Il n’en irait pas de même si c’était le comportement du passager qui posait problème.»